La peste des 10.000 Djinns (945-930 B.C.)

Mage: The Sorcerers Crusade Rulebook - p.51
Guide To The Traditions - p.90
Lost Paths: Ahl-i-Batin & Taftani - p.62, p.106-108


L'un des premiers évènements racontant l'association de mages envers une menace est connu sous le nom de la peste des 10.000 Djinns.
La plupart des enregistrements de cette période provient du folklore oral, détenu par des sorciers Arabes et Perses, et quelques documents cryptés Hébreu conservés par l'Ordre d'Hermès.

Un démon relâcha 10.000 Djinns sur Terre en tant que peste. L'ampleur du problème mena à une alliance parmi de nombreux prêtres Hébreux, Egyptiens et Babyloniens et de chasseurs de démons.

Sous le commandement de Salomon le Juste, Roi d'Israël; al-Ashrad le Puissant, un chasseur de démons des déserts Arabes qui deviendra un vampire puissant; et Abana-ta-sherit, dirigeant de la Maison Egyptienne de Sestat, entreprirent de lier ou détruire la majorité des Djinns.

Ce qui suit constitue le récit rapporté d'un Djinn sur cette période.
Etant donné la nature perfide de ces créatures, le lecteur prendra garde à ne point trop s'y fier...


Dans le monde visible, les humains devinrent plus conscients de l'existence des djinns et commencèrent à essayer d'envisager de les renvoyer. Les amateurs en magie firent les premiers pas en faisant des pactes avec les djinns. Le plus souvent, une fois que le maître esprit en devenir obtenait ce qu'il désirait, il oubliait de façon opportune d'honorer la part de son marché. Les relations déjà sensibles entre les mondes visible et invisible devinrent encore plus ténues. 965 ans avant le début de ce qu’est désormais appelé l'Ere Courante, le plus grand vizir humain parmi les humains, Suleiman (aussi connu sous le nom de Salomon le Juste), bougea afin de consolider le pouvoir humain dans les Terres de la Foi. En construisant un énorme temple au confluent de nombreuses lignes de pouvoir et établissant un collège pour l'apprentissage des arts magiques, le grand Suleiman toucha par inadvertance la précaire balance de pouvoir en faveur des humains et déclencha une vague de grave intérêt parmi ceux d'entre nous dans le Monde Invisible. Initialement, il fut déterminé que la meilleure action était de laisser les humains construire leur petit temple et de simplement regarder de quelle façon l'incompétence humaine ou l'agression ferait tomber le temple.

Ce que nous n'avions pas réalisé est que la connaissance de la magie de Suleiman était devenue si vaste qu'il avait appris de quelle façon nous plier à son commandement. Ceci était nouveau; avant la découverte de Suleiman et la codification de ce qui serait plus tard appelé le Code Salomonique, les humains pouvaient forger des pactes avec les djinns ou ils pouvaient cajoler ou intercéder et nous pouvions penser à les aider s'il s'y trouvait quelque chose pour nous. Ce fut une atrocité que les humains apprirent des compétences qui leur permirent de nous commander, mais nous ne découvrîmes pas qu'il détenait de tels secrets jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Pendant 20 ans nous observâmes nerveusement, attendant quelque stupidité humaine afin d'assiéger la grande et ordonnée cité de Suleiman et la faire chuter. A notre consternation, cela n'arriva pas. Ce qui arriva nous troubla grandement: Les humains établirent une prospère civilisation avec de florissantes routes commerciales, un système légal respecté et relativement juste et une population bourgeonnante de prêtres-magiciens cherchant les intérêts de l'humanité...de plus en plus fréquemment au détriment des habitants du Monde Invisible.

Nous observâmes pendant 20 ans tandis que notre contrôle sur le monde visible devenait de plus en plus ténu. En 945 CE, les grands Khans et Pachas du Monde Invisible tinrent une cour de guerre à laquelle ils s'accordèrent que l'ingérence humaine, dans ce que nous tenions pour notre monde, était arrivée à son terme. La décision fut prise de faire la guerre aux humains, par tous les moyens nécessaires, de contrôler leur nombre et de les mener sur les territoires où les djinns étaient fermement établis qui, en ce temps, incluaient la plupart d'Israël, la Perse et toute la Péninsule Arabe.

A travers ces terres, nous commencèrent à faire des ravages. Les djinns commencèrent à terroriser les routes commerciales et les cités, les oasis et les temples des humains. Nous espérions que nos premières attaques éparpilleraient les humains comme les fleurs d'orangers devant un vent fort. Ce qu'ils ne firent pas. Au lieu de cela, ils se rassemblèrent dans leurs cités comme un groupe d'agneaux dans la tempête. Nous pensions que le reste serait facile, mais nous les surestimions.

Le premier signe que quelque chose n'allait pas était le rythme régulier des marteaux qui sonnait nuit et jour de leurs cités. Lorsque les indicateurs djinns essayèrent d'entrer dans les cités afin de découvrir la cause de cet incessant rythme de métal, ils furent repoussés par d'invisibles barrières que les vizirs avaient érigées tout autour de la cité.

Ces créatures sur lesquelles nous avait été donné autorité avaient appris à nous interdire leur cité. C'était un outrage que nous ne pouvions pardonner. Immédiatement, le grand calife Al-Dimiryat fut convoqué afin de laver cette insulte. Il était plus que suffisamment puissant afin de piétiner les sceaux qui bloquaient l'entrée dans la cité, mais il n'avait pas envisagé de rencontrer Suleiman lui-même à l'intérieur de la cité. Le calife était presque rentré dans la cité lorsque six vizirs se présentèrent afin de restaurer les sceaux qu'il avait détruits, et avant que le grand djinn puisse sourire à l'humain, Suleiman le juste sorti une flasque d'airain et Al-Dimiryat, un des grands califes des djinns, fut aspiré à l'intérieur.

Suleiman plaça immédiatement un bouchon sur la flasque, couvrit le dessus de plomb, et par là même le scella, et, aussitôt que le plomb fut froid, le plus grand et le plus haï des vizirs inscrit le premier de ce qui devait être connu comme les Sceaux de Salomon.

La totalité du Monde Invisible fut glacé. Al-Dimiryat était parti, pour un destin que personne ne connaissait. La cité était à nouveau impénétrable, et la première victoire revenait aux humains que nous avions pendant si longtemps considérés comme nos inférieurs.

Cela devait seulement empirer dès lors.

Les pachas, émirs, et seigneurs apparentés qui avaient servis Al-Dimiryat furent courroucés et n'eurent aucune idée de ce qu'il fallait faire.

Les autres califes furent frappés par la peur que ce qui fut arrivé à leur frère puisse leur arriver. Ils firent le serment de ne jamais quitter le Monde Invisible, et même lorsqu'ils le firent, ils envoyèrent leurs minions de façon plus agressive contre les humains et spécialement contre la cité de Suleiman.

Il y a peu de choses à dire qu'il n'ait été déjà écrit et débattu par les érudits djinns pendant des siècles. La Péninsule Arabe et une grande partie de la Perse fut surchargée par des djinns en colère. La bataille pris principalement place entre les vizirs et les djinns, bien que les djinns frustrés passèrent fréquemment leur colère sur d'"innocents" humains.

Les routes commerciales furent frappées le plus durement c'était là que les humains étaient les plus faibles. Leurs aliments et biens étaient aisés à détruire, alors que les cités étaient des paradis pour n'importe quel nombre de vizirs, et ils avaient à cœur de propager l'information utilisée par Suleiman. Les djinns furent emprisonnés en masse. N'importe quel type de contenant concevable -- bouteille de verre, flasque métallique, cucurbitacées cuivrées, alambics d'airain, lampes à huile -- avait été préparé et inscrit avec de puissants sceaux Salomoniques. Les formules pour l'astreinte et la prévention avaient été si largement propagées qu'elles furent même utilisées par ceux qui n'étaient pas vizirs du tout. En plus des djinns, les sorciers utilisèrent leurs nouvelles techniques magiques afin de capturer et emprisonner toute sorte d'esprits. Les djinns gênants furent les principales cibles de ces fanatiques, bien sûr, mais les démons, esprits de la nature, et même les fantômes des morts furent capturés. Ce qui commença comme une tentative de garder l'humanité en droite ligne se transforma en un complet désastre comme les forces djinns furent détournées à chaque fois.

Les vizirs qui habituellement vivaient dans les profondeurs du désert vinrent en nombre afin d'apprendre ce que Suleiman avait à enseigner. Ils voulaient quitter Israël dans les caravanes traversant les sables, et si les djinns ou les démons venaient à croiser leur chemin, les magiciens pourraient présenter des fioles de métal et lier n'importe quel esprit assez malheureux pour se trouver en travers de la route.

Suleiman commença à payer une récompense aux vizirs qui lui amenaient des esprits capturés. Dans son énorme sanctuaire, entouré par les mystiques rassemblés d'une douzaine de terres, le Juste interrogeait les esprits à propos de leur nature, leur rôle dans la Création et leurs forces et faiblesses. Les sages enregistrèrent plus à propos de la nature des esprits durant ce temps que jamais auparavant. Et ce fut seulement le début du grand plan de Suleiman.

Des récipients remplis d'esprits et de djinns vinrent à Suleiman par centaines et il payait fidèlement les vizirs pour lui remettre leur prise.

Lorsqu'il apprit nos secrets, nos faiblesses, nos vices et nos besoins, il apprit rapidement de quelle façon nous plier à ses commandements. Lorsqu'il fut certain d'avoir toute l'information dont il avait besoin afin de commander les nôtres, il libéra Al-Dimiryat et lui ordonna d'être son lieutenant. Il ne put rien faire d'autre. Une fois le calife lui-même aux côtés de Suleiman, il n'y eut plus rien à faire.

Au plus haut de la Guerre d'Esclavage, pratiquement la moitié des djinns étaient emprisonnés et la majorité du reste était en service pour Suleiman ou un quelconque de ses arrogants vizirs. Les plus puissants démons et djinns avaient été rendus incapables de franchir la barrière entre les mondes. Bannis du Monde Invisible, les plus grands des djinns commencèrent à oublier le monde visible et leur cuisante défaite. Ces djinns qui étaient toujours libres, toutefois, sentirent la perte du Monde Visible plus douloureusement et leur rage en fit des démons.